
"Je suis célib, sans enfant, mais je ne suis pas une merde"
C'est avec le franc parler qu'on lui connaît que la journaliste mode Sophie Fontanel, plume légendaire de ELLE et du Nouvel Obs, également romancière et théoricienne de la "blandeur" (la fierté des cheveux blancs) s'est exprimée auprès de son amie Maïtena Biraben. Afin d'aborder la vieillesse, l'âgisme, le féminisme... Et les traumas du passé.
C'est un discours décomplexant que Sophie Fontanel tient à défendre pour Mesdames Média. Elle résume ainsi sa vie de sexagénaire : "Oui, je n'ai pas d'enfant, oui, je suis célibataire... Mais je ne suis pas une merde". Ode à la vie en solo et surtout à l'émancipation des injonctions, imposées aux femmes ? Oui, mais pas seulement...

Avec gravité, Sophie Fontanel évoque également sa jeunesse.
Plus jeune, relate-t-elle, elle a été victime de violences sexuelles. "J'ai eu des pépins quand j'étais jeune, qui sont malheureusement tellement courants, d'abus sexuels", détaille-t-elle à son interlocutrice. Une souffrance encore vive : "incroyablement violente, une blessure irrémédiable", pour reprendre les mots de la principale concernée.

Pas d'échappatoire à ce traumatisme, témoigne la romancière, mais d'autres manières "d'être heureuse" malgré tout. Elle le pose en mots de cette façon : "Moi, je n'ai pas réussi à dépasser ça, mais j'ai réussi, autrement, par la résilience, en étant heureuse... j'ai toujours un peu peur qu'on m'approche"
Ni mère, ni en couple, Sophie Fontanel souhaite "libérer" les femmes des pressions qui pèsent sur elles. Elle y parvient à chaque prise de parole. Notamment, dans une société à ce point touchée par l'âgisme, cette exclusion des femmes une fois passé le cap de la quarantaine. La journaliste assume ses cheveux blancs, son corps, son expérience.
"Ça m’est égal de vieillir", s'était exprimée la romancière auprès de ELLE, "et je trouve que la place que j’ai maintenant, c’est un boulevard. Les femmes n’ont pas voulu prendre cette place. Ces femmes de mon âge qui n’ont pas voulu vieillir, elles sont quasi obligées de devenir des influenceuses beauté…"

Au micro de Marion Ruggieri, elle avait asséné : "Ca m'est égal de vieillir, et je pense que le pire, c'est de perdre sa juvénilité. Et c’est compliqué parce qu’en même temps, il faut avoir de la lucidité, de la maturité.... Mais il faut rester capable de faire des conneries, de se marrer, d’être naïf".
Pour ce qui est du célibat au féminin, bien des femmes épousent ses pas. Une étude sur le célibat en France à retrouver ici démontre que si 1 personne sur 5 est célibataire, c'est pour les femmes bien souvent synonyme de liberté. Ce que pourrait volontiers confirmer la journaliste de 62 ans. Un reportage de France Télévisions privilégie la voix de Louise Amara, podcasteuse féministe : "Je n'ai pas de compromis à faire. Je suis libre de mes journées, de mes soirées, de mes nuits...".